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01/12/11 Le répit sur les marchés financiers dû à l'intervention coordonnée des banques centrales pourrait
ne pas durer car la zone euro peine toujours à trouver un pare-feu solide face à la crise de la dette.

Le temps presse avant un sommet une nouvelle fois très important des dirigeants européens dans 10 jours, les 8 et 9 décembre, où il sera question de revoir complètement les règles du jeu budgétaire dans l'Union monétaire.
"Nous entrons dans une période critique de 10 jours pour parvenir à une réponse à la crise que connaît l'Union européenne", a averti mercredi Olli Rehn, le commissaire européen aux Affaires économiques, en marge d'une réunion des ministres des Finances de l'UE à Bruxelles. Le chef du gouvernement italien Mario Monti a mis en garde, lui, contre le risque d'une "sanction" des marchés si les dirigeants européens ne parviennent pas à trouver une réponse d'envergure lors du sommet. Le monde entier, inquiet du risque d'une déflagration économique planétaire, attend à cette occasion des résultats suite à plusieurs rendez-vous manqués ces derniers mois.
La zone euro lorgne à présent du côté du FMI, sachant que son Fonds de secours, le FESF, n'est pas en mesure de jouer pleinement le rôle escompté au départ de rempart pour enrayer la contagion et protéger singulièrement l'Italie et l'Espagne. Doté initialement d'une capacité de prêts de 440 milliards d'euros, ce fonds ne parviendra pas dans l'immédiat à accroître sa puissance de feu au niveau de 1.000 milliards d'euros, comme promis, a reconnu mardi soir Jean-Claude Juncker, le chef de file des ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe).
Face à ce constat d'échec, la zone euro compte désormais sur un soutien plus appuyé du FMI et aussi indirectement sur la BCE pour jouer les pompiers. L'institut monétaire est considéré par de nombreux économistes comme le seul rempart crédible mais il se refuse encore à faire plus pour la zone euro que de racheter en quantité limitée de la dette publique d'Etats en difficulté sur les marchés pour freiner la hausse de leurs taux d'emprunt.
Pourtant, la BCE a "une marge de manoeuvre" car la stabilité des prix, qui constitue sa priorité, est assurée en Europe, a estimé mercredi le ministre suédois des Finances, Anders Borg.
Parmi les options évoquées en marge de l'Eurogroupe mardi soir: la possibilité pour la BCE de prêter des fonds au FMI afin qu'il puisse ensuite aider les pays fragiles de la zone euro. Ce montage permettrait de contourner l'interdiction faite à la BCE de prêter directement aux Etats de l'Union monétaire, mais sur le plan juridique, la tâche promet d'être compliquée sachant que l'institut monétaire n'est pas membre du FMI.
Le FMI est prêt à soutenir l'Italie, à condition que la BCE contribue d'une manière ou d'une autre, a indiqué mercredi à l'AFP une source proche du dossier. "Il n'y a pas de discussions aujourd'hui et il est prématuré de dire que le FMI prépare un plan", a-t-elle dit, "mais s'il fallait aider l'Italie, le FMI serait prêt à le faire".

30/11/11 Les Etats de la zone euro émettront plus de 800 milliards d'euros de dette l'an prochain.
L'Europe fait encore face à un mur de la dette.
En 2012, la réduction des déficits sera contrebalancée par une hausse des remboursements, si bien que les besoins de financement resteront importants.
Par Isabelle Couet, Les Echos.fr


Les Etats européens vont rester très dépendants des marchés financiers l'an prochain. En effet, les volumes de dette à moyen et long terme qui seront émis s'annoncent assez proches de ceux de cette année car, même si les déficits diminuent, les montants à rembourser augmentent sensiblement. BNP Paribas table sur un volume d'émissions de 800 milliards d'euros en 2012, tout comme Natixis, tandis que Barclays prévoit 794 milliards et Morgan Stanley, 821 milliards.
Avec des montants encore compris entre 200 et 300 milliards d'euros, l'Italie sera de nouveau en tête des émetteurs européens.
Cette situation inquiète forcément, étant donné les coûts de financement vertigineux imposés ces derniers mois par les marchés .
L'Allemagne et la France -qui a déjà annoncé qu'elle lèverait 179 milliards d'euros -resteront aussi dans le haut du classement.
Le coût de financement de l'Etat français est faible pour le moment, mais il pourrait augmenter si la note AAA du pays était dégradée. D'après les économistes de Citi, un abaissement d'un cran (à AA+) est probable en fin d'année prochaine, tandis qu'une mise sous « perspective négative » peut se produire début 2012. En outre, la France est le pays pour lequel l'appel net au marché sera de loin le plus important : l'Hexagone devra trouver 80 milliards d'euros d'argent frais auprès des investisseurs, devant l'Espagne, qui aura besoin d'un peu plus de 50 milliards.

Maturités courtes privilégiées
Pour l'ensemble de la zone euro, l'appel net au marché diminuera, ce qui est une bonne nouvelle, car cela signifie que la plus grosse partie du financement des Etats provient d'un simple recyclage des fonds qui étaient déjà investis (et sont remboursés). Mais il y a un risque de déperdition l'an prochain, c'est-à-dire un risque que les investisseurs se détournent davantage des emprunts d'Etat. « Il faudra voir quelle part des placements est maintenue dans la dette d'Etat », écrit ainsi l'équipe de BNP Paribas. Le recyclage sera peut-être moins systématique que d'habitude. « Il faut surtout s'attendre à ce que la part des investisseurs étrangers diminue au profit des détenteurs de dette nationaux », assure Cyril Regnat, chez Natixis.
Par ailleurs, les efforts des pays pour allonger la maturité moyenne de leur dette risquent d'être encore mis à mal. «Alors que la crise de la dette s'intensifie, les émissions seront sans doute davantage orientées vers des maturités plus courtes, prédit l'équipe de Morgan Stanley. On a déjà observé ce phénomène cette année, au second semestre particulièrement, quand l'appétit du marché pour les dettes les plus risquées a faibli.» De fait, selon Natixis, 53 % du programme de financement en 2011 de l'ensemble de la zone euro s'est concentré sur des papiers de maturité comprise entre 2 et 5 ans. Les maturités plus courtes sont plus faciles à placer et permettent de ne pas verrouiller pendant dix ans ou plus des coûts de financement élevés. L'Italie devrait donc tout particulièrement suivre cette stratégie.
Morgan Stanley estime que si la demande des investisseurs devait considérablement chuter, les Etats seraient surtout contraints d'augmenter les émissions de bons du Trésor (maturité inférieure à 1 an). Ce segment de marché pourrait se révéler très concurrentiel, étant donné que le Fonds européen de stabilité financière (FESF) envisage aussi de l'exploiter. La facilité avec laquelle le flot d'émissions sera absorbé l'an prochain -notamment en début d'année, lorsque les volumes sont les plus étoffés -dépendra des annonces faites par les dirigeants politiques au cours des prochaines semaines.
A ce stade, les analystes n'envisagent pas un retour de la Grèce, de l'Irlande et du Portugal sur les marchés en 2012.


30/11/11 Les tractations vont bon train depuis plusieurs jours entre Paris et Berlin, qui ont annoncé leur intention de présenter au prochain sommet européen des 8 et 9 décembre à Bruxelles une "initiative" commune pour renforcer la gouvernance économique de la zone euro.
En France, plusieurs voix se sont inquiétées de la perspective d'un accord qui verrait la France accepter un renforcement des pouvoirs supranationaux de la Commission sur les budgets nationaux en échange d'un accord de l'Allemagne sur l'extension du pouvoir d'intervention de la BCE sur les marchés.
Mercredi, le président socialiste de la commission des finances de l'Assemblée nationale, Pierre Cahuzac, a regretté que l'influence de la France se soit "considérablement affaiblie au sein de la zone euro" et prévenu que "si Nicolas Sarkozy souhaite pour prix d'une action de la BCE consentir à un abandon de souveraineté, nous ne le suivrons pas".

Jeudi 24 novembre 2011 L'Allemagne, la France et l'Italie, réunies jeudi à Strasbourg, ont dit leur
détermination à assurer l'avenir de l'euro, en modifiant si nécessaire les traités européens,
mais sans toucher à l'indépendance de la Banque centrale européenne (BCE).


Les trois premières économies de la zone euro sont déterminées à "tout faire pour soutenir et garantir la pérennité de l'euro", a déclaré le président français devant la presse, à l'issue de ce sommet tripartite.
M. Sarkozy a précisé que la France et l'Allemagne feraient prochainement "des propositions communes de modification des traités pour améliorer la gouvenance de la zone euro". Ces propositions seront évoquées au sommet européen des 8 et 9 décembre.

La chancelière allemande a précisé de son côté que ces réformes ne concerneraient pas la BCE, dont le rôle dans la crise de la dette qui mine la zone euro depuis deux ans est l'enjeu d'un bras de fer entre Paris et Berlin.
Nicolas Sarkozy, en retrait par rapport aux dernières déclarations des dirigeants français, a assuré de son côté que Berlin Paris et Rome s'abstiendraient désormais de formuler des demandes, "positives ou négatives", à la BCE.
"Le président français vient de souligner que la BCE est indépendante et donc les modifications éventuelles de traité ne concernent pas la BCE", a ainsi précisé Mme Merkel.
"Nous avons tous trois indiqué que dans le respect de l'indépendance de cette institution, il fallait s'abstenir de demandes positives ou négatives" à la BCE, a assuré de son côté le président français.
Plusieurs dirigeants français, dont le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé jeudi matin, ont pourtant réclamé de la BCE qu'elle joue "un rôle essentiel" pour sauver la zone euro.
Ce rôle consisterait à racheter massivement de la dette des pays les plus fragiles pour enrayer la hausse continue des taux des emprunts d'Etat de plusieurs pays de la zone euro, qui pénalise leurs budgets déjà fragilisés. Cette hausse des taux, signe de la défiance des marchés à l'encontre de la zone euro, touche désormais des pays comme la France.
"Nous sommes tous trois parfaitement conscients de la gravité de la situation", a affirmé M. Sarkozy, tandis que Mme Merkel a insisté sur la nécessité de retrouver la "confiance" perdue depuis le début de la crise.
Invité à rejoindre le couple franco-allemand, le président italien du Conseil Mario Monti a assuré de son côté que son pays voulait respecter l'objectif d'équilibre des finances publiques en 2013 et lancer des réformes structurelles.
La dette italienne se monte à 1 900 milliards d'euros et représente 120 % de son PIB. L'Italie risque l'asphyxie en raison de la montée vertigineuse des taux de ses emprunts d'État. La dette de la France se monte à environ 1 600 milliards et représente près de 85 % de son PIB. La dette allemande s'élève quant à elle à 2 000 milliards (plus de 82 % de son PIB).

21/11/11 Le nouveau gouvernement espagnol, issu des urnes dimanche, n'a eu droit lundi à aucun état de grâce sur les marchés, toujours pessimistes à l'égard de la zone euro, qui se cherche un sauveur face à la dégradation de la situation.
Les marchés l'ont désigné depuis longtemps en la personne de Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne (BCE), seule institution capable selon eux et certains gouvernements, de sauver la monnaie unique.
"Nous sommes devant un choix horrible. Dans l'ordre des horreurs, l'alternative est la suivante: soit une intervention massive de la BCE, soit la catastrophe", a résumé le ministre polonais des Finances, Jacek Rostowski, dans une interview à la Frankfurter Allgemeine Zeitung, publiée lundi.
Le ministre polonais, qui avait évoqué en septembre le risque d'un conflit armé en Europe si la crise de l'euro devait conduire à l'éclatement de l'UE, s'est dit lundi "encore moins rassuré" deux mois après.
"Le risque est celui d'un désastre économique historique qui, comme la grande dépression des années 1930, conduirait au final l'Europe dans la guerre", a-t-il prévenu.

Dans ce contexte, la victoire massive de la droite en Espagne ce week-end n'a rien changé.
Les Bourses européennes ont continué leur plongeon et le marché obligataire restait sous tension, dans un climat d'incertitudes et faute de solution à court terme.
La Banque centrale européenne se refuse toujours à jouer le rôle de prêteur en dernier ressort des Etats européens en rachetant de manière illimitée des obligations souveraines, qu'elle n'acquiert qu'au compte-gouttes et sur le marché secondaire où s'échangent les titres déjà émis.
La Bourse de Francfort perdait ainsi plus de 2,5% en fin de matinée, tout comme celle de Paris. La Bourse de Madrid cédait elle plus de 2,7% à la même heure, en dépit de la victoire du Parti populaire (PP) et de son chef Mariano Rajoy, appelé à former le nouveau gouvernement à Madrid. Le PP a obtenu la majorité absolue et infligé à son rival socialiste sa plus grave défaite depuis le retour de l'Espagne à la démocratie.
Sur le marché des emprunts d'Etat, les taux espagnols sur dix ans sont repartis à la hausse à près de 6,5% en fin de matinée contre 6,3% vendredi.
En Italie, au centre de l'inquiétude des marchés la semaine dernière, le taux à dix ans restait élevé, au-dessus des 6,6%. La Bourse de Milan cédait de son côté 2,6% en fin de matinée.
La Bourse de Paris pâtissait de son côté d'un avertissement de l'agence de notation Moody's qui a estimé lundi matin qu'une hausse des taux des obligations françaises et des perspectives de croissance économique détériorées risquaient d'avoir des conséquences négatives sur la note de la dette du pays.
La Bourse d'Athènes perdait elle plus de 3%, dans l'attente des résultats de la rencontre prévue dans l'après-midi à Bruxelles entre le nouveau chef du gouvernement grec Lucas Papademos et les responsables européens.
La Grèce attend de ses partenaires le versement vital de 8 milliards d'euros d'ici la mi-décembre. Mais les ministres des Finances de la zone euro ont réclamé des engagements écrits au gouvernement grec sur l'application des mesures d'austérité et les réformes structurelles, avant le versement ce cette aide. Or, Antonis Samaras, chef du parti conservateur (Nouvelle Démocratie, ND) partenaire du gouvernement de coalition, a réitéré samedi son opposition à un tel engagement par écrit.
Les euro-obligations que la Commission européenne veut proposer cette semaine apparaissaient du coup aux yeux de certains comme une solution possible à la crise. Las, la chancelière allemande Angela Merkel est venue doucher ces espoirs lundi matin. Les euro-obligations ne sont pas un "remède miracle", a indiqué son porte-parole à Berlin. Dans un "Livre vert", la Commission européenne juge pourtant que cette mutualisation des emprunts publics des pays de la zone euro pourrait "rapidement atténuer" la crise actuelle.




Les Européens ne sont pas les seuls à se débattre avec la crise de la dette.
Aux Etats-Unis, la "super-commission" du Congrès, chargée de trouver 1.200 milliards de dollars d'économies, semblait se diriger tout droit vers un échec, à l'approche de la date-butoir de mercredi au-delà de laquelle se déclenchera, faute d'accord, un mécanisme de coupes automatiques dans les dépenses. Du fait des désaccords entre démocrates et républicains, le Washington Post prédisait ce week-end l'échec de ces négociations dès lundi.

21/11/11 De prime abord, l'Allemagne semble avoir bloqué toutes les issues de secours
qui permettraient à la zone euro d'échapper à la crise de la dette.
Mais en y regardant de plus près, certaines "lignes rouges" allemandes pourraient être moins rouges que d'autres.



Si la chancelière Angela Merkel obtient l'accord de ses partenaires de l'Union pour modifier le traité européen afin d'y inclure, comme elle le souhaite, un droit d'ingérence budgétaire chez les "mauvais élèves" de la dette, elle pourrait accepter des avancées plus audacieuses pour combattre la crise, laissent entendre certains de ses conseillers.
Parmi ces avancées pourraient figurer une augmentation des rachats par la Banque centrale européenne de dettes de pays en difficulté, des garanties accordées par le fonds européen de stabilité financière (FESF) à certaines émissions obligataires et la création future d'"obligations de stabilisation" communes.

"Des obligations de stabilisation communes ne sont à mes yeux ni bonnes ni mauvaises en elles-mêmes"
a dit Peter Altmaier, un des principaux responsables de la CDU, le parti d'Angela Merkel, au parlement allemand, qui est aussi l'un de ses principaux conseillers en matière d'affaires européennes.
"Tout dépend des conditions et de l'usage qu'on en fait", Dans plusieurs de ses récentes déclarations publiques sur la crise, la chancelière a exprimé son opposition à toutes les options de court-terme censées débloquer la situation et apaiser les marchés.

PARADOXE
"Le paradoxe de la situation actuelle, c'est que toutes les bonnes solutions à la crise de l'euro ne sont pas légalement valables en Allemagne", souligne Ulrike Guerot, responsable de l'antenne berlinoise du cercle de réflexion "European Council on Foreign Relations". La chancelière argue en effet du fait que les traités européens empêchent la BCE de jouer le rôle de prêteur en dernier ressort et de financer la dette des Etats par la création monétaire.
Elle a rejeté l'idée d'"euro-obligations" tout comme comme celle d'une mutualisation des dettes et elle a balayé les propositions qui permettraient au FESF d'emprunter à la BCE ou au Fonds monétaire international (FMI).
Pour autant, elle a admis la semaine dernière que la solution à la crise passait par "plus d'Europe" et a obtenu l'aval de son parti à une union politique européenne centrée sur la zone euro. Déterminée à ne pas se laisser dicter sa conduite par les marchés financiers, Angela Merkel semble réticente à admettre publiquement l'urgence de la menace qui pèse sur l'existence même de la zone euro.
Une urgence pourtant lisible dans les courbes des écarts de rendements (spreads) entre les Bunds allemands et les obligations de pays comme la France, l'Autriche ou les Pays-Bas, pourtant considérés il y a peu encore comme sûrs.
En fait, les responsables allemands considèrent la hausse des rendements obligataires de ces pays comme une aubaine car elle force les gouvernements, de Rome à Paris, à mettre des oeuvres les réformes budgétaires et structurelles qu'ils repoussaient jusqu'à présent.
LE MARCHÉ, UN "ALLIÉ"
Une source à Berlin décrit ainsi le marché obligataire comme un "allié" de ce point de vue. Pour Peter Altmaier, l'objectif de la chancelière consiste à placer ses partenaires européens face au compromis sur lequel a été créée la monnaie unique. "Quand l'euro a été lancé par le traité de Maastricht en 1992, cela s'est fait via un compromis historique", explique-t-il : "Primo, le deutschemark, alors horriblement trop fort, était supprimé et secundo, la culture de stabilité allemande devait être étendue à toute l'Europe. La première partie a été appliquée, la deuxième reste valable et engage les signataires du traité mais elle n'a pas été appliquée."
L'Allemagne ne veut pas dévoiler toutes les cartes qu'elle a en main tant qu'elle n'a pas obtenu l'engagement de tous ses partenaires de modifier les traités européens pour permettre une supervision extérieure des politiques budgétaires des Etats membres.
Un amendement au traité créerait un nouveau poste de "Sparkommissar" (commissaire à l'Epargne) doté du pouvoir d'annuler le budget d'un Etat de la zone euro s'il enfreint les règles fixées à l'échelon communautaire.
Ce nouveau responsable pourrait ainsi traîner les gouvernements fautifs devant la Cour européenne de justice, qui pourrait à son tour infliger des amendes et ordonner le respect des règles, comme c'est le cas aujourd'hui en matière de concurrence et d'antitrust.
Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des Finances, souhaite voir adopté cet amendement avant la fin de l'an prochain. Ce n'est qu'ensuite que Berlin s'efforcerait de faire avancer sa vision, plus ambitieuse, d'une union politique plus étroite, expliquent des responsables allemands. Pour Ulrike Guerot, les pressions qu'exerce l'Allemagne sur ses partenaires risquent cependant de susciter à son égard un ressentiment durable. "Cela va nous retomber dessus douloureusement d'ici deux ou trois ans. Sommes-nous certains que tout le monde continuera de nous aimer, de nous acheter des BMW et de nous accueillir sur ses plages si nous nous conduisons de cette manière ?", explique-t-elle.


17 novembre 2011 Sarkozy veut parler à la France du non sur la crise de l’euro
Sauver l’euro tout en réconciliant la France du oui et du non, les gaullistes et les centristes. Une nouvelle fois, comme en 2007, pour espérer remporter l’élection présidentielle.
Au petit-déjeuner de la majorité, mardi 15 novembre, Nicolas Sarkozy a indiqué qu’il exposerait prochainement sa vision sur l’Europe. La date n’est pas encore arrêtée. Un de ses amis fédéralistes lui a soufflé l’idée du 11 décembre, pour le vingtième anniversaire du sommet de Maastricht, qui lança l’euro et divisa la France.

Ce choix serait opportun en cas d’accord franco-allemand pour stabiliser l’euro. M. Sarkozy espère que François Hollande va se retrouver otage des divisions à gauche sur l’Europe. "Il y a aussi des contradictions à droite, mais le président va les sublimer", confie Patrick Buisson, conseiller du président venu de la droite maurassienne.
M. Sarkozy s’est inquiété de la une du Parisien du 6 novembre sur "la tentation souverainiste", lors de la candidature de Jean-Pierre Chevènement. "Nous devons aussi parler à la France du non", renchérit un ministre. "Le président a testé ses idées sur nous, en évoquant une Europe confédérale élargie jusqu’à 35 membres et une zone euro plus intégrée, sur un mode intergouvernemental", raconte un participant du petit-déjeuner.
M. Sarkozy s’est gardé d’aborder les conséquences de cette vision sur la Turquie : pourquoi lui refuser d’adhérer à une UE moins intégrée ? "Je ne vois pas François Hollande faire de la Turquie un élément de différenciation", évacue un diplomate de haut rang.
Pour l’heure, le chef de l’Etat cherche à parer à l’urgence, alors que tous les pays de la zone euro, à l’exception de l’Allemagne, sont attaqués. Il a téléphoné mercredi à Angela, mais les négociations piétinent. M. Sarkozy a expliqué mardi que l’euro ne survivrait pas si la Banque centrale européenne (BCE) ne prenait pas les choses en main : pour contrer les marchés, il faut que les spéculateurs aient en face d’eux les moyens illimités de la BCE. Mais les Allemands s’y refusent. "Toutes les autres solutions se heurtent à des problèmes techniques majeurs. Il est parfois plus facile de s’attaquer à un tabou politique", poursuit ce diplomate français.

Le tabou du contrôle budgétaire
Mme Merkel a indiqué ce mercredi 16 novembre que l’Allemagne était "prête à abandonner un petit peu de souveraineté nationale" pour défendre l’euro. En échange, les Français reconnaissent qu’ils doivent céder sur un autre tabou : accepter un vrai contrôle budgétaire. "Il faudra en échange un sacrifice politique majeur du côté français", indique un proche de M. Sarkozy.
On n’est plus en 2003, lorsque le premier ministre Jean-Pierre Raffarin fustigeait "tel ou tel bureau à Bruxelles". Il n’empêche, les réflexes déniant toute légitimité à la Commission européenne subsistent. François Fillon a téléphoné, furieux, dès jeudi 10 novembre au président de la Commission Jose Manuel Barroso : le commissaire aux affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, prévoyait une croissance de 0,6 % pour la France en 2012, et non pas de 1 %, et exigeait pour 2013 des mesures de rigueur "supplémentaires". "François Fillon lui a dit qu’on ne pouvait pas faire comme s’il n’y avait pas le plan du 7 novembre", explique Matignon, qui ajoute : "Bien malin qui peut prévoir la croissance de 2013".
Pendant un an, lors de la réforme du pacte de stabilité achevée en septembre, les Français ont cherché à éviter l’automaticité des sanctions contre les pays dont les finances dérivent sans franchir le seuil de 3 % du PIB. Ils ont fini par lâcher du lest. Lors du conseil européen du 26 octobre, M. Sarkozy a soutenu une petite révolution : la Commission pourra exiger d’amender, avant leur adoption ou pendant leur exécution, les budgets nationaux. Il a fait un geste envers les pays orthodoxes comme les Pays-Bas, qui demandent un super-commissaire aux affaires budgétaires.
Cette refonte du système pose des questions démocratiques, après l’arrivée de gouvernements d’experts en Grèce et en Italie. "Les gestions de crise doivent être validées par les peuples, pas par les “sachants” et les experts. Cette crise pose le problème profond d’une crise des démocraties et les candidats à la présidentielle vont devoir apporter des réponses", estime M. Buisson.
Côté européen, le président a confié à Pierre de Boissieu, ancien secrétaire général du conseil à Bruxelles, le soin de réfléchir à l’approfondissement de la zone euro, et à ses liens avec l’UE à 27 et ses institutions. Pierre Sellal, secrétaire général du quai d’Orsay, et Fabien Reynaud, conseiller de l’Elysée, y travaillent aussi. L’objectif est de mieux légitimer les décisions du conseil de la zone euro.


14/11/11 Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a reconnu vendredi qu'il fallait revoir "certains paramètres" du plan de sauvetage de la Grèce du 21 juillet
mais a refusé de s'avancer sur l'ordre de grandeur de la décote dont discutent les Européens. « Ce qu'il faut reconnaître, c'est qu'il faut revoir certains des paramètres du 21 juillet, ça c'est évident. Les conditions du marché ont changé », a déclaré M. Barroso sur la chaîne française d'information continue LCI, en refusant toutefois d'évoquer le niveau de cette décote. « Je ne peux pas me prononcer sur l'ordre de grandeur, il y a des consultations qui se poursuivent entre nous-mêmes, Commission européenne, BCE, FMI, et aussi avec les Etats, notamment la Grèce »,

« L'essentiel est d'avoir un mécanisme volontaire. Il ne faut pas avoir un défaut de la Grèce », a-t-il poursuivi en estimant qu'un tel scénario « couterait beaucoup plus à tout le monde. Ce n'est pas seulement la solidarité avec la Grèce, c'est éviter les effets de contagion pour les autres Etats membres.
Le plan de sauvetage de la Grèce adopté par les Européens le 21 juillet prévoit une participation des créanciers privés du pays, soit principalement des banques européennes. Cette participation doit se faire sur la base d'un échange de titres, au prix d'une décote de 21% pour les banques et autres investisseurs privés.

10/11/11 La Commission européenne prévoit 0,6% de croissance en France en 2012
Était-ce prémonitoire ? A la veille de la présentation, le 7 novembre, du deuxième plan Fillon, imposé par la révision à la baisse de la croissance française de 1,75% à 1% en 2012, le ministre de l'économie et des finances, François Baroin, avait clairement laissé entendre qu'il ne serait pas évident d'atteindre cet objectif. La Commission européenne a abondé dans son sens jeudi 10 novembre en révisant très fortement, de 2% à seulement 0,6%, sa prévision de croissance 2012 pour la France.
« La croissance s'est arrêtée en Europe et nous pourrions connaître une nouvelle phase de récession », a prévenu le commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, Olli Rehn. « Une récession profonde et prolongée et de nouvelles turbulences sur les marchés financiers ne peuvent plus être exclus », a même précisé un haut fonctionnaire de la Commission, Marco Buti, cité par l'AFP.
Si la croissance française devait tomber à 0,6% et non à 1% comme le prévoit Paris, il faudrait un tour de vis supplémentaire de 4 milliards d'euros pour ramener le déficit public français à 4,5% du produit intérieur brut (PIB), après les 18 milliards de mesures de redressement découlant des plans Fillon du 24 août et du 7 novembre 2011.

04/11/11 Finaly, "we Cannes not do it" !
Quelques engagements mais peu de mesures concrètes, un "dossier grec" qui a vu s'éloigner le spectre d'un référendum sans pour autant régler tous les problèmes, une Italie en crise...
Le G20 de Cannes n'a rassuré ni les marchés ni les acteurs.
Le G20 à Cannes s'est efforcé d'éviter une propagation de la crise grecque, en plaçant l'Italie sous la surveillance du FMI, sans toutefois se décider sur de nouveaux moyens financiers censés éviter au monde une nouvelle récession.


"Après avoir écouté nos partenaires européens ces deux derniers jours, je suis certain que l'Europe est en mesure d'être à la hauteur de ces difficultés", a déclaré le président américain Barack Obama à la clôture du sommet de ce club des principaux pays riches et émergents. La Grèce a certes officiellement renoncé vendredi à son projet de référendum sur le plan destiné à la sauver, qui avait plongé lundi l'avenir de la zone euro dans l'incertitude et provoqué la stupeur des partenaires de l'Europe au sein du G20. 

Mais entre-temps, la pression des marchés s'est accentuée sur l'Italie, troisième économie de la zone euro, quatrième emprunteur dans le monde, et principale cible des investisseurs en cas de propagation de l'incendie.

Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a donc fait appel, officiellement de son propre chef, au Fonds monétaire international (FMI) pour une "vérification publique" trimestrielle de la mise en oeuvre des mesures anti-crise de l'Italie.
Il a ajouté avoir reçu, et refusé, une proposition d'aide financière du FMI, qui "n'est pas nécessaire".

"Le G20, avec le vaudeville grec et italien et l'échec du FMI et de la Chine à venir au secours de l'Europe, a aggravé la crise de la zone euro", juge, sévèrement, Sony Kapoor, du think tank bruxellois Re-Define.
Les places boursières européennes ont d'ailleurs rechuté vendredi.
Les principales économies de la planète se sont engagées à ramener la croissance sur des fondements durables en s'efforçant de corriger les déséquilibres économiques mondiaux.
La Chine et l'Allemagne s'engagent ainsi à prendre des mesures pour soutenir leur demande intérieure afin de soutenir la croissance mondiale, en cas d'aggravation de la crise, selon le communiqué final du sommet du G20.
Le président Obama a de son côté salué la "détermination" de la Chine à augmenter la flexibilité du yuan, accusé d'être sous-évalué de manière articificielle pour favoriser les exportations chinoises au détriment des partenaires commerciaux de Pékin.
Sans avoir obtenu d'unanimité au sein du G20, en raison notamment de l'hostilité américaine, le président français Nicolas Sarkozy a souhaité qu'une taxe sur les transactions financières soit mise en place dans les pays de l'Union européenne (UE) "dès l'année 2012", une initiative qui se voit "reconnue" dans le communiqué final.
Il a assuré aussi que les "pays qui demeurent des paradis fiscaux" seraient "mis au ban de la communauté internationale". Une liste de onze pays qui ne respectent pas les normes internationales en la matière, dont la Suisse et le Liechtenstein, a été publiée.
Par ailleurs, les régulateurs ont identifié vendredi au total 29 banques dites d'importance "systémique", qui par leur taille représentent un danger pour l'ensemble de l'économie en cas de faillite, et vont leur imposer une série de mesures pour les renforcer.
Les dirigeants du G20 avaient tenté jeudi au premier jour de leur sommet sur la Côte d'Azur d'afficher un front uni face à la crise de la dette et aux soubresauts grecs qui risquent de déclencher, selon les termes de l'un d'eux, une "réaction en chaîne" pour l'économie mondiale.
Mais, même si le référendum a été finalement abandonné, l'issue de la crise politique et financière grecque restait vendredi soir incertaine avant un vote de confiance à haut risque au Parlement dans la nuit.

RECAPITALISATION DES BANQUES
Les fonds propres durs des banques (capital social et bénéfices mis en réserve) devront atteindre 9% "au 30 juin 2012".
Pour y parvenir, "les banques devront faire appel en priorité à des sources de capital privées". En attendant que cet objectif soit atteint, "les banques devraient être sujettes à certaines contraintes concernant la distribution de dividendes et le paiement de primes".
L'Autorité européenne des banques (EBA) a évalué mercredi à 106 milliards d'euros les besoins de recapitalisation, qui concerneront 70 établissements. Les banques grecques sont les principales concernées (30 milliards) devant les banques espagnoles (26,16 milliards), françaises 8,8 Mrds.
Le régulateur européen va dans le même temps s'assurer que les banques du Vieux continent augmentent leurs fonds sans pour autant se livrer à un "diminution excessive" de leurs engagements et de la taille de leur bilan, "afin d'en limiter l'impact potentiel sur l'économie réelle".

RENFORCEMENT DE LA DISCIPLINE BUDGETAIRE
Les règles d'or sur l'équilibre budgétaire seront généralisées. Parmi les mesures prévues pour renforcer la discipline budgétaire commune de l'Union monétaire figure "l'adoption par chaque Etat membre de règles sur un budget équilibré transmettant le Pacte de stabilité et de croissance dans la législation, de préférence au niveau constitutionnel ou équivalent, d'ici fin 2012", indique le texte.
RENFORCEMENT DE LA GOUVERNANCE ECONOMIQUE DE LA ZONE EURO
Des sommets de la zone euro auront lieu deux fois par an. Ils seront présidés, au moins dans un premier temps, par le président de l'UE, le Belge Herman Van Rompuy. Un changement du traité de l'UE est envisagé.


Samedi 15 octobre 2011
Les pays du G20, réunis samedi à Paris, ont reconnu les progrès réalisés par les Européens dans la résolution de leur crise de la dette, mais, inquiets pour une croissance mondiale dont les perspectives s'assombrissent,
 ils les ont aussi pressés de tenir leurs promesses.

"Nous avons entendu des choses encourageantes de la part de nos collègues européens à Paris sur un nouveau plan complet" pour endiguer la crise, a commenté à l'issue de la réunion le secrétaire américain au Trésor Timothy Geithner.
Mais les problèmes des finances publiques des uns et des autres ont déjà profondément affecté la conjoncture mondiale. La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde a évoqué l'"évolution négative" du climat ces dernières semaines, "en train de toucher les pays émergents".
Du coup, un certain nombre d'entre eux dont le Brésil et la Chine ont poussé à un renforcement des moyens financiers du FMI, pour lui permettre de soutenir l'Europe si la crise s'étendait à des grosses économies comme l'Italie et l'Espagne.
L'idée est cependant loin de faire l'unanimité: si la France y est favorable, l'Allemagne est très réticente, tout comme les Etats-Unis. Dans leur communiqué final les pays du G20 se contentent donc de s'engager à ce que le FMI soit doté de ressources "adéquates", et à approfondir le sujet lors du sommet de leurs dirigeants à Cannes, dans le sud-est de la France, les 3 et 4 novembre. La réunion des ministres des Finances des vingt principaux pays riches et émergents, servait officiellement de simple préparation à celle de Cannes.
D'ici là, les Européens doivent avoir trouvé une solution à leurs problèmes les plus pressants: le sort de la Grèce, pour laquelle une restructuration d'envergure de la dette se dessine, la recapitalisation des banques européennes et le renforcement de la "puissance de feu" du Fonds européen de stabilité financière (FESF) pour les pays fragiles de la zone euro.Un sommet européen à Bruxelles le 23 octobre devra s'acquitter de la tâche. Ses résultats seront "décisifs", a promis le ministre des Finances français François Baroin, tandis que son confrère allemand Wolfgang Schäuble a assuré: "nous avons confirmé à nos collègues que nous étions conscients de notre responsabilité". "Nous trouverons une solution pour la Grèce", a-t-il martelé devant la presse. Cette responsabilité, les dirigeants des autres pays du G20 n'ont pas perdu une occasion de la rappeler à la zone euro, dont les problèmes qui font tache d'huile hypothèquent la croissance mondiale.
Les Européens sont "à la traîne depuis un an", avait jugé vendredi le ministre sud-africain des Finances Pravin Gordhan et le président américain Barack Obama, qui a déjà à plusieurs reprises manifesté son impatience à l'égard des Européens et a appelé vendredi soir la chancelière allemande Angela Merkel.
Dans la course à une solution européenne, la France et l'Allemagne se sont attribués un rôle moteur. M. Schäuble a été reçu à déjeuner par le président français Nicolas Sarkozy vendredi midi, et les deux responsables ont "bien avancé", a assuré le ministre français des Finances François Baroin.
La crise européenne a éclipsé les autres priorités de la présidence française du G20. Mais les ministres se sont entendus samedi sur des règles pour un meilleur contrôle des flux de capitaux transfrontaliers, a annoncé M. Baroin, un "accord-cadre" devant être adopté à Cannes.
Le sujet le plus délicat reste le yuan: la France rêve d'obtenir d'ici début novembre de la Chine un calendrier en vue de la convertibilité de sa monnaie, clé aux yeux des Occidentaux d'un rééquilibrage de l'économie mondiale. Pékin a de nouveau douché ces espoirs samedi en affirmant son attachement à "un taux de change fondamentalement stable".
La réunion des ministres des Finances de ce groupe de vingt pays industrialisés et émergents se tenait alors que, dans des dizaines de villes du monde, des processions d'"indignés" sont descendues dans la rue pour protester contre la précarité, effet de la crise, et le pouvoir des marchés financiers.




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Taxation des transactions financières au mèn_Eu
En 2012 l'Europe restera mécaniquement fort dépendante des marchés financiers...
L'accord obtenu à Bruxelles reste en demi-teinte
AdN de divisions de l'EU
Le Mécano Européen de
Stabilité
Le rôle de la BCE
Classement des banques européennes en terme de "solidité" 19/07/2011

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La croissance en France re-revue à la baisse, la rigueur en hausse...
Le gouvernement Belge se rappelle au bon souvenir du portefeuille citoyen...
en Irlande
en Allemagne
en Grèce
en Italie
en Espagne

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Dimanche 16 octobre 2011

Le mouvement des "indignés" contre la crise et la finance mondiale, qui a pris samedi une dimension planétaire avec des dizaines de milliers de manifestants à travers le monde, se prolongeait dimanche au moins en Allemagne, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas.
Cette volonté de poursuivre le mouvement un deuxième jour consécutif s'est traduite par un campement sauvage à Londres au coeur de la City, principal centre financier d'Europe.
Plusieurs centaines d'"indignés" ont passé la nuit de samedi à dimanche sur le parvis de la cathédrale Saint-Paul, où 70 tentes ont été dressées après le rassemblement la veille sur les lieux de quelque 2.000 à 3.000 "indignés".
La manifestation, marquée par quelques heurts et cinq arrestations, et qui dénonçait la politique d'austérité du gouvernement britannique et le système financier, a été contenue par la police à distance du London Stock Exchange (Bourse de Londres).
Malgré son ordre de dispersion, la police n'a pas réussi à empêcher certains manifestants de s'installer pour la nuit. Une nouvelle confrontation était donc possible dimanche.
"Nous allons rester aussi longtemps qu'il faudra pour que le gouvernement nous entende et dise qu'il va changer les choses", a prévenu Spyro Van Leemnen, 27 ans, un des représentants du mouvement "Occupy London Stock Exchange".
Une même intention s'est exprimée à Francfort (ouest de l'Allemagne), où près de 200 personnes ont passé la nuit dans 30 tentes devant le siège de la Banque centrale européenne (BCE), au centre de la crise de la dette et de l'euro.
En Allemagne, une nouvelle manifestation était également prévue à Berlin, cette fois devant la porte de Brandebourg.
La veille, la police berlinoise avait réussi à empêcher certains des 10.000 participants à une première manifestation à camper devant le siège du Reichstag, le parlement fédéral.
Une poignée d'interpellations ont été effectuées par les forces de l'ordre, quelques agents ayant été blessés dans des échauffourées sans gravité, a dit une porte-parole de la police.
Aux Pays-Bas, Amsterdam a également vu pousser 50 tentes, plantées sur la place de la Bourse. Environ 300 personnes, dont certaines ont passé la nuit dans ces tentes, étaient rassemblées dimanche sur la place de la Bourse. Samedi, quelque 1.500 "indignés" s'étaient réunis au même endroit, selon la police.



Genève, Miami, Paris, Sarajevo, Zurich, Mexico, Lima, Santiago, Hong-Kong, Tokyo, Sydney... "L'indignation" contre le capitalisme s'est exprimée samedi sur pratiquement tous les continents.

Pour Max Bank, de la section allemande du mouvement altermondialiste Attac (fondé en France en décembre 1998), la vague de protestation n'en est qu'à ses débuts.



"Le mouvement des indignés renaît comme une force globale", proclamait dimanche à la Une le quotidien espagnol El Pais. Le 15 mai, les premiers "indignés" avaient dressé leurs tentes en plein coeur de Madrid.

"C'est la première fois qu'une initiative citoyenne réussit à organiser de manière coordonnée tant de manifestations dans des lieux aussi disparates et éloignés", note le journal.
Sous les slogans "Peuples du monde, levez-vous" ou "Descends dans la rue, crée un nouveau monde", les "indignés" avaient appelé à manifester dans 951 villes de 82 pays, selon le site 15october.net, contre la précarité liée à la crise et le pouvoir de la finance.
L'appellation "indignés", qui fait le tour du monde, semble tirer son nom d'un petit opuscule de l'ancien diplomate et résistant français Stéphane Hessel, intitulé "Indignez-vous!", publié en octobre 2010 à Paris et diffusé à environ un million d'exemplaires.
"Il existe désormais de toute évidence un mouvement international", relève en Italie l'éditorialiste de La Repubblica Eugenio Scalfari. "Il exprime la colère d'une génération sans avenir ni foi dans les institutions traditionnelles, politiques mais aussi financières, tenues responsables de la crise et profiteuses des dommages causés au bien commun", écrit-il.
"Le monde descend dans la rue, uni, pacifique et coloré", renchérit La Stampa, bien que la manifestation de Rome ait été la plus violente, perturbée dès le début par des éléments non contrôlés qui ont incendié des voitures, brisé des devantures de banques et de magasins et mis le feu à un dépôt de l'armée dans le centre-ville.
Ces violences, les pires que Rome ait connues depuis des années, ont fait 135 blessés, dont 105 policiers, et causé aux biens publics des dégâts évalués à un million d'euros, a-t-on indiqué dimanche de source officielle. Douze manifestants ont été arrêtés et d'autres arrestations sont attendues.
"Nous devons agir avec la fermeté appropriée à l'encontre de ces brutes", a déclaré dimanche le maire de Rome, Gianni Alemanno.
Outre Rome, où des dizaines de milliers de personnes ont manifesté pacifiquement, Madrid et Lisbonne ont vu les plus gros défilés.
Des milliers de personnes ont également manifesté samedi à Washington et à New York, où 88 personnes ont été arrêtées. "Nous sommes le peuple", "On nous a vendus", s'insurgeaient-ils. "Chaque jour, chaque semaine, occupons Wall Street".
A Chicago, quelque 175 manifestants anti-Wall Street ont été interpellés tôt dimanche matin lors de l'évacuation d'un parc où ils s'étaient rassemblés, a-t-on appris de source policière.

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