| 01/12/11
Le répit sur les marchés financiers dû
à
l'intervention coordonnée des banques centrales pourrait ne
pas
durer car la zone euro peine toujours à trouver un pare-feu
solide face à la crise de la dette.
Le
temps presse avant un sommet une nouvelle fois très
important
des dirigeants européens dans 10 jours, les 8 et 9
décembre, où il sera question de revoir
complètement les règles du jeu
budgétaire dans
l'Union monétaire. "Nous
entrons dans une
période critique de 10 jours pour parvenir à une
réponse à la crise que connaît l'Union
européenne", a averti mercredi Olli Rehn, le commissaire
européen aux Affaires économiques, en marge d'une
réunion des ministres des Finances de l'UE à
Bruxelles.
Le chef du gouvernement italien Mario Monti a mis en garde, lui, contre
le risque d'une "sanction" des marchés si les dirigeants
européens ne parviennent pas à trouver une
réponse
d'envergure lors du sommet. Le monde entier, inquiet du risque d'une
déflagration économique planétaire,
attend
à cette occasion des résultats suite à
plusieurs
rendez-vous manqués ces derniers mois. La
zone euro lorgne à présent du
côté du FMI,
sachant que son Fonds de secours, le FESF, n'est pas en mesure de jouer
pleinement le rôle escompté au départ
de rempart
pour enrayer la contagion et protéger
singulièrement
l'Italie et l'Espagne. Doté initialement d'une
capacité
de prêts de 440 milliards d'euros, ce fonds ne parviendra pas
dans l'immédiat à accroître sa
puissance de feu au
niveau de 1.000 milliards d'euros, comme promis, a reconnu mardi soir
Jean-Claude Juncker, le chef de file des ministres des Finances de la
zone euro (Eurogroupe).
Face
à ce constat d'échec, la zone euro compte
désormais sur un soutien plus appuyé du FMI et
aussi
indirectement sur la BCE pour jouer les pompiers. L'institut
monétaire est considéré par de
nombreux
économistes comme le seul rempart crédible mais
il se
refuse encore à faire plus pour la zone euro que de racheter
en
quantité limitée de la dette publique d'Etats en
difficulté sur les marchés pour freiner la hausse
de
leurs taux d'emprunt.Pourtant,
la BCE a "une marge
de manoeuvre" car la stabilité des prix, qui constitue sa
priorité, est assurée en Europe, a
estimé mercredi
le ministre suédois des Finances, Anders Borg.Parmi
les options évoquées en marge de l'Eurogroupe
mardi soir:
la possibilité pour la BCE de prêter des fonds au
FMI afin
qu'il puisse ensuite aider les pays fragiles de la zone euro. Ce
montage permettrait de contourner l'interdiction faite à la
BCE
de prêter directement aux Etats de l'Union
monétaire, mais
sur le plan juridique, la tâche promet d'être
compliquée sachant que l'institut monétaire n'est
pas
membre du FMI.
Le
FMI est prêt à soutenir l'Italie, à
condition que
la BCE contribue d'une manière ou d'une autre, a
indiqué
mercredi à l'AFP une source proche du dossier. "Il n'y a pas
de
discussions aujourd'hui et il est prématuré de
dire que
le FMI prépare un plan", a-t-elle dit, "mais s'il fallait
aider
l'Italie, le FMI serait prêt à le faire".
30/11/11 Les Etats de la zone
euro émettront plus de 800 milliards d'euros de dette l'an
prochain. L'Europe fait encore face
à un mur de la dette. En
2012, la réduction des déficits sera
contrebalancée par une hausse des remboursements, si bien
que
les besoins de financement resteront importants. Par
Isabelle Couet, Les Echos.fr
 | Les
Etats européens vont
rester très dépendants des marchés
financiers l'an prochain. En effet,
les volumes de dette à moyen et long terme qui seront
émis s'annoncent
assez proches de ceux de cette année car, même si
les déficits
diminuent, les montants à rembourser augmentent
sensiblement. BNP
Paribas table sur un volume d'émissions de 800 milliards
d'euros en
2012, tout comme Natixis, tandis que Barclays prévoit 794
milliards et
Morgan Stanley, 821 milliards.Avec
des montants
encore compris entre 200 et 300 milliards d'euros, l'Italie sera de
nouveau en tête des émetteurs
européens. Cette situation inquiète
forcément, étant donné les
coûts de financement vertigineux imposés ces
derniers mois par les marchés .
L'Allemagne et la
France -qui a déjà annoncé qu'elle
lèverait 179 milliards d'euros
-resteront aussi dans le haut du classement.
Le
coût de financement de l'Etat français est faible
pour le moment, mais
il pourrait augmenter si la note AAA du pays était
dégradée. D'après
les économistes de Citi, un abaissement d'un cran
(à AA+) est probable
en fin d'année prochaine, tandis qu'une mise sous
« perspective
négative » peut se produire début 2012.
En outre, la France est le pays
pour lequel l'appel net au marché sera de loin le plus
important :
l'Hexagone devra trouver 80 milliards d'euros d'argent frais
auprès des
investisseurs, devant l'Espagne, qui aura besoin d'un peu plus de 50
milliards. |
Maturités courtes
privilégiées Pour
l'ensemble de la zone euro, l'appel net au marché diminuera,
ce
qui est une bonne nouvelle, car cela signifie que la plus grosse partie
du financement des Etats provient d'un simple recyclage des fonds qui
étaient déjà investis (et sont
remboursés).
Mais il y a un risque de déperdition l'an prochain,
c'est-à-dire un risque que les investisseurs se
détournent davantage des emprunts d'Etat.
« Il faudra
voir quelle part des placements est maintenue dans la dette
d'Etat », écrit ainsi l'équipe
de BNP Paribas.
Le recyclage sera peut-être moins systématique que
d'habitude. « Il faut surtout s'attendre
à ce que la
part des investisseurs étrangers diminue au profit des
détenteurs de dette nationaux », assure
Cyril Regnat,
chez Natixis. Par ailleurs, les
efforts des pays
pour allonger la maturité moyenne de leur dette risquent
d'être encore mis à mal. «Alors que la
crise de la
dette s'intensifie, les émissions seront sans doute
davantage
orientées vers des maturités plus courtes,
prédit
l'équipe de Morgan Stanley. On a déjà
observé ce phénomène cette
année, au second
semestre particulièrement, quand l'appétit du
marché pour les dettes les plus risquées a
faibli.»
De fait, selon Natixis, 53 % du programme de financement en 2011 de
l'ensemble de la zone euro s'est concentré sur des papiers
de
maturité comprise entre 2 et 5 ans. Les maturités
plus
courtes sont plus faciles à placer et permettent de ne pas
verrouiller pendant dix ans ou plus des coûts de financement
élevés. L'Italie devrait donc tout
particulièrement suivre cette stratégie. Morgan
Stanley estime que si la demande des investisseurs devait
considérablement chuter, les Etats seraient surtout
contraints
d'augmenter les émissions de bons du Trésor
(maturité inférieure à 1 an). Ce
segment de
marché pourrait se révéler
très
concurrentiel, étant donné que le Fonds
européen
de stabilité financière (FESF) envisage aussi de
l'exploiter. La facilité avec laquelle le flot
d'émissions sera absorbé l'an prochain -notamment
en
début d'année, lorsque les volumes sont les plus
étoffés -dépendra des annonces faites
par les
dirigeants politiques au cours des prochaines semaines. A
ce
stade, les analystes n'envisagent pas un retour de la Grèce,
de
l'Irlande et du Portugal sur les marchés en 2012.
30/11/11
Les tractations vont bon train depuis plusieurs jours entre Paris et
Berlin, qui ont annoncé leur intention de
présenter au
prochain sommet européen des 8 et 9 décembre
à
Bruxelles une "initiative" commune pour renforcer la gouvernance
économique de la zone euro.
En
France, plusieurs voix se sont inquiétées de la
perspective d'un accord qui verrait la France accepter un renforcement
des pouvoirs supranationaux de la Commission sur les budgets nationaux
en échange d'un accord de l'Allemagne sur l'extension du
pouvoir
d'intervention de la BCE sur les marchés. Mercredi,
le président socialiste de la commission des finances de
l'Assemblée nationale, Pierre Cahuzac, a regretté
que
l'influence de la France se soit "considérablement affaiblie
au
sein de la zone euro" et prévenu que "si Nicolas Sarkozy
souhaite pour prix d'une action de la BCE consentir à un
abandon
de souveraineté, nous ne le suivrons pas".
Jeudi 24 novembre 2011
L'Allemagne, la France et l'Italie, réunies jeudi
à Strasbourg, ont dit leur détermination
à assurer l'avenir de l'euro, en modifiant si
nécessaire
les traités européens, mais sans
toucher à l'indépendance de la Banque centrale
européenne (BCE).

| Les trois
premières économies de la zone euro sont
déterminées à
"tout faire pour soutenir et garantir la
pérennité de l'euro", a
déclaré le président
français devant la presse, à l'issue de ce sommet
tripartite. M. Sarkozy a
précisé que la France et l'Allemagne
feraient prochainement "des propositions communes de modification des
traités pour améliorer la gouvenance de la zone
euro". Ces propositions
seront évoquées au sommet européen des
8 et 9 décembre. |
La
chancelière allemande a précisé de son
côté que ces réformes ne concerneraient
pas la BCE,
dont le rôle dans la crise de la dette qui mine la zone euro
depuis deux ans est l'enjeu d'un bras de fer entre Paris et Berlin. Nicolas
Sarkozy, en retrait par rapport aux dernières
déclarations des dirigeants français, a
assuré de
son côté que Berlin Paris et Rome s'abstiendraient
désormais de formuler des demandes, "positives ou
négatives", à la BCE. "Le
président français vient de souligner que la BCE
est
indépendante et donc les modifications
éventuelles de
traité ne concernent pas la BCE", a ainsi
précisé
Mme Merkel. "Nous avons tous
trois indiqué
que dans le respect de l'indépendance de cette institution,
il
fallait s'abstenir de demandes positives ou négatives"
à
la BCE, a assuré de son côté le
président
français. Plusieurs
dirigeants
français, dont le ministre des Affaires
étrangères
Alain Juppé jeudi matin, ont pourtant
réclamé de
la BCE qu'elle joue "un rôle essentiel" pour sauver la zone
euro. Ce
rôle consisterait à racheter massivement de la
dette des
pays les plus fragiles pour enrayer la hausse continue des taux des
emprunts d'Etat de plusieurs pays de la zone euro, qui
pénalise
leurs budgets déjà fragilisés. Cette
hausse des
taux, signe de la défiance des marchés
à
l'encontre de la zone euro, touche désormais des pays comme
la
France. "Nous sommes tous trois
parfaitement
conscients de la gravité de la situation", a
affirmé M.
Sarkozy, tandis que Mme Merkel a insisté sur la
nécessité de retrouver la "confiance" perdue
depuis le
début de la crise. Invité
à
rejoindre le couple franco-allemand, le président italien du
Conseil Mario Monti a assuré de son
côté que son
pays voulait respecter l'objectif d'équilibre des finances
publiques en 2013 et lancer des réformes structurelles. La
dette italienne se monte à 1 900 milliards d'euros et
représente 120 % de son PIB. L'Italie risque l'asphyxie en
raison de la montée vertigineuse des taux de ses emprunts
d'État. La dette de la France se monte à environ
1 600
milliards et représente près de 85 % de son PIB.
La dette
allemande s'élève quant à elle
à 2 000
milliards (plus de 82 % de son PIB).
21/11/11 Le nouveau gouvernement
espagnol, issu des urnes dimanche, n'a eu droit lundi à
aucun état de grâce sur
les marchés, toujours pessimistes à
l'égard de la
zone euro, qui se cherche un sauveur face à la
dégradation de la situation.
Les
marchés l'ont désigné depuis longtemps
en la
personne de Mario Draghi, président de la Banque centrale
européenne (BCE), seule institution capable selon eux et
certains gouvernements, de sauver la monnaie unique. "Nous
sommes devant un choix horrible. Dans l'ordre des horreurs,
l'alternative est la suivante: soit une intervention massive de la BCE,
soit la catastrophe", a résumé le ministre
polonais des
Finances, Jacek Rostowski, dans une interview à la
Frankfurter
Allgemeine Zeitung, publiée lundi. Le
ministre polonais, qui avait évoqué en septembre
le
risque d'un conflit armé en Europe si la crise de l'euro
devait
conduire à l'éclatement de l'UE, s'est dit lundi
"encore
moins rassuré" deux mois après. "Le
risque est celui d'un désastre économique
historique qui,
comme la grande dépression des années 1930,
conduirait au
final l'Europe dans la guerre", a-t-il prévenu.
Dans ce contexte, la victoire
massive de la droite en Espagne ce week-end n'a rien changé.Les
Bourses européennes ont continué leur plongeon et
le
marché obligataire restait sous tension, dans un climat
d'incertitudes et faute de solution à court terme.La
Banque centrale européenne se refuse toujours à
jouer le
rôle de prêteur en dernier ressort des Etats
européens en rachetant de manière
illimitée des
obligations souveraines, qu'elle n'acquiert qu'au compte-gouttes et sur
le marché secondaire où s'échangent
les titres
déjà émis.La
Bourse de
Francfort perdait ainsi plus de 2,5% en fin de matinée, tout
comme celle de Paris. La Bourse de Madrid cédait elle plus
de
2,7% à la même heure, en dépit de la
victoire du
Parti populaire (PP) et de son chef Mariano Rajoy, appelé
à former le nouveau gouvernement à Madrid. Le PP
a obtenu
la majorité absolue et infligé à son
rival
socialiste sa plus grave défaite depuis le retour de
l'Espagne
à la démocratie.Sur
le marché des emprunts d'Etat, les taux espagnols sur dix
ans
sont repartis à la hausse à près de
6,5% en fin de
matinée contre 6,3% vendredi.
En
Italie, au centre de l'inquiétude des marchés la
semaine
dernière, le taux à dix ans restait
élevé,
au-dessus des 6,6%. La Bourse de Milan cédait de son
côté 2,6% en fin de matinée.La
Bourse de Paris pâtissait de son côté
d'un
avertissement de l'agence de notation Moody's qui a estimé
lundi
matin qu'une hausse des taux des obligations françaises et
des
perspectives de croissance économique
détériorées risquaient d'avoir des
conséquences négatives sur la note de la dette du
pays.La
Bourse d'Athènes perdait elle plus de 3%, dans l'attente des
résultats de la rencontre prévue dans
l'après-midi
à Bruxelles entre le nouveau chef du gouvernement grec Lucas
Papademos et les responsables européens.La
Grèce attend de ses partenaires le versement vital de 8
milliards d'euros d'ici la mi-décembre. Mais les ministres
des
Finances de la zone euro ont réclamé des
engagements
écrits au gouvernement grec sur l'application des mesures
d'austérité et les réformes
structurelles, avant
le versement ce cette aide. Or, Antonis Samaras, chef du parti
conservateur (Nouvelle Démocratie, ND) partenaire du
gouvernement de coalition, a réitéré
samedi son
opposition à un tel engagement par écrit. Les
euro-obligations que la Commission européenne veut proposer
cette semaine apparaissaient du coup aux yeux de certains comme une
solution possible à la crise. Las, la chancelière
allemande Angela Merkel est venue doucher ces espoirs lundi matin. Les
euro-obligations ne sont pas un "remède miracle", a
indiqué son porte-parole à Berlin. Dans un "Livre
vert",
la Commission européenne juge pourtant que cette
mutualisation
des emprunts publics des pays de la zone euro pourrait "rapidement
atténuer" la crise actuelle.
Les Européens ne sont
pas les seuls à se débattre avec la crise de la
dette.
Aux
Etats-Unis, la "super-commission" du Congrès,
chargée de
trouver 1.200 milliards de dollars d'économies, semblait se
diriger tout droit vers un échec, à l'approche de
la
date-butoir de mercredi au-delà de laquelle se
déclenchera, faute d'accord, un mécanisme de
coupes
automatiques dans les dépenses. Du fait des
désaccords
entre démocrates et républicains, le Washington
Post
prédisait ce week-end l'échec de ces
négociations
dès lundi.
21/11/11 De prime abord,
l'Allemagne semble avoir bloqué toutes les issues de secours
qui
permettraient à la zone euro d'échapper
à la crise de la dette. Mais en
y regardant de plus près, certaines "lignes rouges"
allemandes
pourraient être moins rouges que d'autres.
 | Si
la chancelière Angela Merkel obtient l'accord de ses
partenaires de l'Union pour modifier le traité
européen afin d'y
inclure, comme elle le souhaite, un droit d'ingérence
budgétaire chez
les "mauvais élèves" de la dette, elle pourrait
accepter des avancées
plus audacieuses pour combattre la crise, laissent entendre certains de
ses conseillers. Parmi ces
avancées pourraient
figurer une augmentation des rachats par la Banque centrale
européenne
de dettes de pays en difficulté, des garanties
accordées par le fonds
européen de stabilité financière
(FESF) à certaines émissions
obligataires et la création future d'"obligations de
stabilisation"
communes. |
"Des obligations
de
stabilisation communes ne sont à mes yeux ni bonnes ni
mauvaises en
elles-mêmes" a dit Peter Altmaier, un des
principaux responsables de
la CDU, le parti d'Angela Merkel, au parlement allemand, qui est aussi
l'un de ses principaux conseillers en matière d'affaires
européennes. "Tout
dépend des conditions et de l'usage qu'on en fait", Dans
plusieurs de ses récentes déclarations publiques
sur la crise, la
chancelière a exprimé son opposition à
toutes les options de
court-terme censées débloquer la situation et
apaiser les marchés.
PARADOXE
"Le
paradoxe de la situation actuelle, c'est que toutes les bonnes
solutions à la crise de l'euro ne sont pas
légalement valables en
Allemagne", souligne Ulrike Guerot, responsable de l'antenne berlinoise
du cercle de réflexion "European Council on Foreign
Relations". La
chancelière argue en effet du fait que les
traités européens empêchent
la BCE de jouer le rôle de prêteur en dernier
ressort et de financer la
dette des Etats par la création monétaire. Elle
a rejeté l'idée
d'"euro-obligations" tout comme comme celle d'une mutualisation des
dettes et elle a balayé les propositions qui permettraient
au FESF
d'emprunter à la BCE ou au Fonds monétaire
international (FMI). Pour
autant, elle a admis la semaine dernière que la solution
à la crise
passait par "plus d'Europe" et a obtenu l'aval de son parti
à une union
politique européenne centrée sur la zone euro.
Déterminée à ne pas se
laisser dicter sa conduite par les marchés financiers,
Angela Merkel
semble réticente à admettre publiquement
l'urgence de la menace qui
pèse sur l'existence même de la zone euro. Une
urgence pourtant lisible dans les courbes des écarts de
rendements
(spreads) entre les Bunds allemands et les obligations de pays comme la
France, l'Autriche ou les Pays-Bas, pourtant
considérés il y a peu
encore comme sûrs. En
fait, les responsables
allemands considèrent la hausse des rendements obligataires
de ces pays
comme une aubaine car elle force les gouvernements, de Rome
à Paris, à
mettre des oeuvres les réformes budgétaires et
structurelles qu'ils
repoussaient jusqu'à présent.
LE MARCHÉ, UN
"ALLIÉ"
Une
source à Berlin décrit ainsi le marché
obligataire comme un "allié" de
ce point de vue. Pour Peter Altmaier, l'objectif de la
chancelière
consiste à placer ses partenaires européens face
au compromis sur
lequel a été créée la
monnaie unique. "Quand l'euro a été
lancé par le
traité de Maastricht en 1992, cela s'est fait via un
compromis
historique", explique-t-il : "Primo, le deutschemark, alors
horriblement trop fort, était supprimé et
secundo, la culture de
stabilité allemande devait être étendue
à toute l'Europe. La première
partie a été appliquée, la
deuxième reste valable et engage les
signataires du traité mais elle n'a pas
été appliquée."
L'Allemagne
ne veut pas dévoiler toutes les cartes qu'elle a en main
tant qu'elle
n'a pas obtenu l'engagement de tous ses partenaires de modifier les
traités européens pour permettre une supervision
extérieure des
politiques budgétaires des Etats membres.
Un
amendement au traité créerait un nouveau poste de
"Sparkommissar"
(commissaire à l'Epargne) doté du pouvoir
d'annuler le budget d'un Etat
de la zone euro s'il enfreint les règles fixées
à l'échelon
communautaire. Ce nouveau
responsable pourrait
ainsi traîner les gouvernements fautifs devant la Cour
européenne de
justice, qui pourrait à son tour infliger des amendes et
ordonner le
respect des règles, comme c'est le cas aujourd'hui en
matière de
concurrence et d'antitrust.
Wolfgang
Schäuble, le ministre allemand des Finances, souhaite voir
adopté cet
amendement avant la fin de l'an prochain. Ce n'est qu'ensuite que
Berlin s'efforcerait de faire avancer sa vision, plus ambitieuse, d'une
union politique plus étroite, expliquent des responsables
allemands.
Pour Ulrike Guerot, les pressions qu'exerce l'Allemagne sur ses
partenaires risquent cependant de susciter à son
égard un ressentiment
durable. "Cela va nous retomber dessus douloureusement d'ici deux ou
trois ans. Sommes-nous certains que tout le monde continuera de nous
aimer, de nous acheter des BMW et de nous accueillir sur ses plages si
nous nous conduisons de cette manière ?", explique-t-elle.

| 17 novembre 2011 Sarkozy veut parler à
la France du non sur la crise de l’euro Sauver
l’euro tout en réconciliant la France du oui et du
non,
les gaullistes et les centristes. Une nouvelle fois, comme en 2007,
pour espérer remporter l’élection
présidentielle. Au
petit-déjeuner de la
majorité, mardi 15 novembre, Nicolas Sarkozy a
indiqué
qu’il exposerait prochainement sa vision sur
l’Europe. La
date n’est pas encore arrêtée. Un de ses
amis
fédéralistes lui a soufflé
l’idée du
11 décembre, pour le vingtième anniversaire du
sommet de
Maastricht, qui lança l’euro et divisa la France.
|
Ce
choix serait opportun en cas d’accord franco-allemand pour
stabiliser l’euro. M. Sarkozy espère que
François
Hollande va se retrouver otage des divisions à gauche sur
l’Europe. "Il y a aussi des contradictions à
droite, mais
le président va les sublimer", confie Patrick Buisson,
conseiller du président venu de la droite maurassienne. M.
Sarkozy s’est inquiété de la une du
Parisien du 6
novembre sur "la tentation souverainiste", lors de la candidature de
Jean-Pierre Chevènement. "Nous devons aussi parler
à la
France du non", renchérit un ministre. "Le
président a
testé ses idées sur nous, en évoquant
une Europe
confédérale élargie
jusqu’à 35
membres et une zone euro plus intégrée, sur un
mode
intergouvernemental", raconte un participant du
petit-déjeuner. M.
Sarkozy s’est gardé d’aborder les
conséquences de cette vision sur la Turquie : pourquoi lui
refuser d’adhérer à une UE moins
intégrée ? "Je ne vois pas François
Hollande faire
de la Turquie un élément de
différenciation",
évacue un diplomate de haut rang.
Pour
l’heure, le chef de l’Etat cherche à
parer à
l’urgence, alors que tous les pays de la zone euro,
à
l’exception de l’Allemagne, sont
attaqués. Il a
téléphoné mercredi à
Angela, mais les
négociations piétinent. M. Sarkozy a
expliqué
mardi que l’euro ne survivrait pas si la Banque centrale
européenne (BCE) ne prenait pas les choses en main : pour
contrer les marchés, il faut que les spéculateurs
aient
en face d’eux les moyens illimités de la BCE. Mais
les
Allemands s’y refusent. "Toutes les autres solutions se
heurtent
à des problèmes techniques majeurs. Il est
parfois plus
facile de s’attaquer à un tabou politique",
poursuit ce
diplomate français.
Le tabou du contrôle
budgétaire
Mme
Merkel a indiqué ce mercredi 16 novembre que
l’Allemagne
était "prête à abandonner un petit peu
de
souveraineté nationale" pour défendre
l’euro. En
échange, les Français reconnaissent
qu’ils doivent
céder sur un autre tabou : accepter un vrai
contrôle
budgétaire. "Il faudra en échange un sacrifice
politique
majeur du côté français", indique un
proche de M.
Sarkozy.
On
n’est plus en 2003, lorsque le premier ministre Jean-Pierre
Raffarin fustigeait "tel ou tel bureau à Bruxelles". Il
n’empêche, les réflexes
déniant toute
légitimité à la Commission
européenne
subsistent. François Fillon a
téléphoné,
furieux, dès jeudi 10 novembre au président de la
Commission Jose Manuel Barroso : le commissaire aux affaires
économiques et monétaires, Olli Rehn,
prévoyait
une croissance de 0,6 % pour la France en 2012, et non pas de 1 %, et
exigeait pour 2013 des mesures de rigueur "supplémentaires".
"François Fillon lui a dit qu’on ne pouvait pas
faire
comme s’il n’y avait pas le plan du 7 novembre",
explique
Matignon, qui ajoute : "Bien malin qui peut prévoir la
croissance de 2013". Pendant un
an, lors de la
réforme du pacte de stabilité achevée
en
septembre, les Français ont cherché à
éviter l’automaticité des sanctions
contre les pays
dont les finances dérivent sans franchir le seuil de 3 % du
PIB.
Ils ont fini par lâcher du lest. Lors du conseil
européen
du 26 octobre, M. Sarkozy a soutenu une petite révolution :
la
Commission pourra exiger d’amender, avant leur adoption ou
pendant leur exécution, les budgets nationaux. Il a fait un
geste envers les pays orthodoxes comme les Pays-Bas, qui demandent un
super-commissaire aux affaires budgétaires. Cette
refonte du système pose des questions
démocratiques,
après l’arrivée de gouvernements
d’experts en
Grèce et en Italie. "Les gestions de crise doivent
être
validées par les peuples, pas par les
“sachants” et
les experts. Cette crise pose le problème profond
d’une
crise des démocraties et les candidats à la
présidentielle vont devoir apporter des
réponses", estime
M. Buisson. Côté
européen, le
président a confié à Pierre de
Boissieu, ancien
secrétaire général du conseil
à Bruxelles,
le soin de réfléchir à
l’approfondissement
de la zone euro, et à ses liens avec l’UE
à 27 et
ses institutions. Pierre Sellal, secrétaire
général du quai d’Orsay, et Fabien
Reynaud,
conseiller de l’Elysée, y travaillent aussi.
L’objectif est de mieux légitimer les
décisions du
conseil de la zone euro.
 | 14/11/11
Le président de la Commission européenne
José Manuel Barroso a reconnu
vendredi qu'il fallait revoir "certains paramètres" du plan
de
sauvetage de la Grèce du 21 juillet
mais
a refusé de s'avancer sur
l'ordre de grandeur de la décote dont discutent les
Européens. «
Ce qu'il faut reconnaître, c'est qu'il faut revoir certains
des
paramètres du 21 juillet, ça c'est
évident. Les conditions du marché
ont changé », a déclaré M.
Barroso sur la chaîne française
d'information continue LCI, en refusant toutefois d'évoquer
le niveau
de cette décote. « Je ne peux pas me prononcer sur
l'ordre de grandeur,
il y a des consultations qui se poursuivent entre nous-mêmes,
Commission européenne, BCE, FMI, et aussi avec les
Etats, notamment la Grèce »,
|
«
L'essentiel est d'avoir un mécanisme volontaire. Il ne faut
pas
avoir un défaut de la Grèce », a-t-il
poursuivi en
estimant qu'un tel scénario « couterait beaucoup
plus
à tout le monde. Ce n'est pas seulement la
solidarité avec la Grèce, c'est éviter
les effets
de contagion pour les autres Etats membres. Le plan de
sauvetage de la Grèce
adopté par les Européens le 21 juillet
prévoit une
participation des créanciers privés du pays, soit
principalement des banques européennes. Cette participation
doit
se faire sur la base d'un échange de titres, au prix d'une
décote de 21% pour les banques et autres investisseurs
privés.
10/11/11 La Commission
européenne prévoit 0,6% de croissance en France
en 2012 Était-ce
prémonitoire ? A la veille de la présentation, le
7
novembre, du deuxième plan Fillon, imposé par la
révision à la baisse de la croissance
française de
1,75% à 1% en 2012, le ministre de l'économie et
des
finances, François Baroin, avait clairement
laissé
entendre qu'il ne serait pas évident d'atteindre cet
objectif.
La Commission européenne a abondé dans son sens
jeudi 10
novembre en révisant très fortement, de 2%
à
seulement 0,6%, sa prévision de croissance 2012 pour la
France. «
La croissance s'est arrêtée en Europe et nous
pourrions
connaître une nouvelle phase de récession
», a
prévenu le commissaire européen aux affaires
économiques et monétaires, Olli Rehn. «
Une
récession profonde et prolongée et de nouvelles
turbulences sur les marchés financiers ne peuvent plus
être exclus », a même
précisé un haut
fonctionnaire de la Commission, Marco Buti, cité par l'AFP. Si
la croissance française devait tomber à 0,6% et
non
à 1% comme le prévoit Paris, il faudrait un tour
de vis
supplémentaire de 4 milliards d'euros pour ramener le
déficit public français à 4,5% du
produit
intérieur brut (PIB), après les 18 milliards de
mesures
de redressement découlant des plans Fillon du 24
août et
du 7 novembre 2011.
04/11/11 Finaly, "we Cannes not
do it" ! Quelques
engagements mais peu de mesures concrètes, un "dossier grec"
qui
a vu s'éloigner le spectre d'un
référendum sans
pour autant régler tous les problèmes, une Italie
en
crise...
Le G20 de
Cannes n'a rassuré ni les marchés ni les acteurs.
Le G20 à Cannes s'est
efforcé
d'éviter une propagation de la crise grecque, en
plaçant
l'Italie sous la surveillance du FMI, sans toutefois se
décider
sur de nouveaux moyens financiers censés éviter
au monde
une nouvelle récession.

| "Après
avoir écouté nos partenaires européens
ces deux derniers
jours, je suis certain que l'Europe est en mesure d'être
à la hauteur
de ces difficultés", a déclaré le
président américain Barack Obama à la
clôture du sommet de ce club des principaux pays riches et
émergents. La Grèce a certes officiellement
renoncé vendredi à son projet de
référendum sur le plan destiné
à la
sauver, qui avait plongé lundi l'avenir de la zone euro dans
l'incertitude et provoqué la stupeur des partenaires de
l'Europe au
sein du G20. |
Mais entre-temps, la pression
des marchés s'est accentuée sur
l'Italie, troisième économie de la zone euro,
quatrième emprunteur dans
le monde, et principale cible des investisseurs en cas de propagation
de l'incendie. Le chef du
gouvernement italien Silvio Berlusconi a donc
fait appel, officiellement de son propre chef, au Fonds
monétaire international (FMI) pour une
"vérification
publique" trimestrielle de la mise en oeuvre des mesures anti-crise de
l'Italie. Il a ajouté avoir reçu, et
refusé, une
proposition d'aide financière du FMI, qui "n'est pas
nécessaire".
"Le
G20, avec le vaudeville grec et italien et l'échec du FMI et
de
la Chine à venir au secours de l'Europe, a
aggravé la
crise de la zone euro", juge, sévèrement, Sony
Kapoor, du
think tank bruxellois Re-Define.
Les places boursières
européennes ont d'ailleurs rechuté vendredi.
Les principales économies de la planète se sont
engagées à ramener la croissance sur des
fondements
durables en s'efforçant de corriger les
déséquilibres économiques mondiaux.
La Chine et l'Allemagne s'engagent ainsi à prendre des
mesures
pour soutenir leur demande intérieure afin de soutenir la
croissance mondiale, en cas d'aggravation de la crise, selon le
communiqué final du sommet du G20.
Le président Obama a de son côté
salué la
"détermination" de la Chine à augmenter la
flexibilité du yuan, accusé d'être
sous-évalué de manière articificielle
pour
favoriser les exportations chinoises au détriment des
partenaires commerciaux de Pékin.
Sans avoir obtenu d'unanimité au sein du G20, en raison
notamment de l'hostilité américaine, le
président
français Nicolas Sarkozy a souhaité qu'une taxe
sur les
transactions financières soit mise en place dans les pays de
l'Union européenne (UE) "dès l'année
2012", une
initiative qui se voit "reconnue" dans le communiqué final.
Il a assuré aussi que les "pays qui demeurent des paradis
fiscaux" seraient "mis au ban de la communauté
internationale".
Une liste de onze pays qui ne respectent pas les normes internationales
en la matière, dont la Suisse et le Liechtenstein, a
été publiée.
Par ailleurs, les régulateurs ont identifié
vendredi au
total 29 banques dites d'importance "systémique", qui par
leur
taille représentent un danger pour l'ensemble de
l'économie en cas de faillite, et vont leur imposer une
série de mesures pour les renforcer.
Les dirigeants du G20 avaient tenté jeudi au premier jour de
leur sommet sur la Côte d'Azur d'afficher un front uni face
à la crise de la dette et aux soubresauts grecs qui risquent
de
déclencher, selon les termes de l'un d'eux, une
"réaction
en chaîne" pour l'économie mondiale.
Mais, même si le référendum a
été
finalement abandonné, l'issue de la crise politique et
financière grecque restait vendredi soir incertaine avant un
vote de confiance à haut risque au Parlement dans la nuit.
RECAPITALISATION DES
BANQUES
Les
fonds propres durs des banques (capital social et
bénéfices mis en réserve) devront
atteindre 9% "au
30 juin 2012".
Pour y parvenir, "les banques devront faire appel
en priorité à des sources de capital
privées". En
attendant que cet objectif soit atteint, "les banques devraient
être sujettes à certaines contraintes concernant
la
distribution de dividendes et le paiement de primes".
L'Autorité
européenne des banques (EBA) a évalué
mercredi
à 106 milliards d'euros les besoins de recapitalisation, qui
concerneront 70 établissements. Les banques grecques sont
les
principales concernées (30 milliards) devant les banques
espagnoles (26,16 milliards), françaises 8,8 Mrds.
Le
régulateur européen va dans le même
temps s'assurer
que les banques du Vieux continent augmentent leurs fonds sans pour
autant se livrer à un "diminution excessive" de leurs
engagements et de la taille de leur bilan, "afin d'en limiter l'impact
potentiel sur l'économie réelle".
RENFORCEMENT DE LA DISCIPLINE
BUDGETAIRE
Les
règles d'or sur l'équilibre budgétaire
seront
généralisées. Parmi les mesures
prévues
pour renforcer la discipline budgétaire commune de l'Union
monétaire figure "l'adoption par chaque Etat membre de
règles sur un budget équilibré
transmettant le
Pacte de stabilité et de croissance dans la
législation,
de préférence au niveau constitutionnel ou
équivalent, d'ici fin 2012", indique le texte. RENFORCEMENT DE LA GOUVERNANCE
ECONOMIQUE DE LA ZONE EURO
Des
sommets de la zone euro auront lieu deux fois par an. Ils seront
présidés, au moins dans un premier temps, par le
président de l'UE, le Belge Herman Van Rompuy. Un changement
du
traité de l'UE est envisagé.
Samedi 15 octobre 2011Les
pays du G20, réunis samedi à Paris, ont reconnu
les
progrès réalisés par les
Européens dans la
résolution de leur crise de la dette, mais, inquiets pour
une
croissance mondiale dont les perspectives s'assombrissent, ils
les ont
aussi pressés de tenir leurs promesses.
"Nous
avons entendu des choses encourageantes de la part de nos
collègues européens à Paris sur un
nouveau plan
complet" pour endiguer la crise, a commenté à
l'issue de
la réunion le secrétaire américain au
Trésor Timothy Geithner. Mais
les
problèmes des finances publiques des uns et des autres ont
déjà profondément affecté
la conjoncture
mondiale. La directrice générale du Fonds
monétaire international (FMI) Christine Lagarde a
évoqué l'"évolution
négative" du climat ces
dernières semaines, "en train de toucher les pays
émergents". Du coup,
un certain nombre
d'entre eux dont le Brésil et la Chine ont poussé
à un renforcement des moyens financiers du FMI, pour lui
permettre de soutenir l'Europe si la crise s'étendait
à
des grosses économies comme l'Italie et l'Espagne. L'idée
est cependant loin de faire l'unanimité: si la France y est
favorable, l'Allemagne est très réticente, tout
comme les
Etats-Unis. Dans leur communiqué
final les
pays du G20 se contentent donc de s'engager à ce que le FMI
soit
doté de ressources "adéquates", et à
approfondir
le sujet lors du sommet de leurs dirigeants à Cannes, dans
le
sud-est de la France, les 3 et 4 novembre. La réunion des
ministres des Finances des vingt principaux pays riches et
émergents, servait officiellement de simple
préparation
à celle de Cannes.
D'ici
là, les Européens doivent avoir trouvé
une solution à leurs
problèmes les plus pressants: le sort de la
Grèce, pour laquelle une
restructuration d'envergure de la dette se dessine, la recapitalisation
des banques européennes et le renforcement de la "puissance
de feu" du
Fonds européen de stabilité financière
(FESF) pour les pays fragiles de
la zone euro.Un sommet européen à Bruxelles le 23
octobre devra
s'acquitter de la tâche. Ses résultats seront
"décisifs", a promis le
ministre des Finances français François Baroin,
tandis que son confrère
allemand Wolfgang Schäuble a assuré: "nous avons
confirmé à nos
collègues que nous étions conscients de notre
responsabilité". "Nous
trouverons une solution pour la Grèce", a-t-il
martelé devant la presse. Cette
responsabilité, les dirigeants des autres pays du G20 n'ont
pas
perdu une occasion de la rappeler à la zone euro, dont les
problèmes qui font tache d'huile hypothèquent la
croissance mondiale.Les
Européens sont
"à la traîne depuis un an", avait jugé
vendredi le
ministre sud-africain des Finances Pravin Gordhan et le
président américain Barack Obama, qui a
déjà à plusieurs reprises
manifesté son
impatience à l'égard des Européens et
a
appelé vendredi soir la chancelière allemande
Angela
Merkel.Dans la course
à une solution
européenne, la France et l'Allemagne se sont
attribués un
rôle moteur. M. Schäuble a été
reçu
à déjeuner par le président
français
Nicolas Sarkozy vendredi midi, et les deux responsables ont "bien
avancé", a assuré le ministre français
des
Finances François Baroin.La
crise
européenne a éclipsé les autres
priorités
de la présidence française du G20. Mais les
ministres se
sont entendus samedi sur des règles pour un meilleur
contrôle des flux de capitaux transfrontaliers, a
annoncé
M. Baroin, un "accord-cadre" devant être adopté
à
Cannes.Le sujet le plus
délicat reste le
yuan: la France rêve d'obtenir d'ici début
novembre de la
Chine un calendrier en vue de la convertibilité de sa
monnaie,
clé aux yeux des Occidentaux d'un
rééquilibrage de
l'économie mondiale. Pékin a de nouveau
douché ces
espoirs samedi en affirmant son attachement à "un taux de
change
fondamentalement stable".La
réunion des
ministres des Finances de ce groupe de vingt pays
industrialisés
et émergents se tenait alors que, dans des dizaines de
villes du
monde, des processions d'"indignés" sont descendues dans la
rue
pour protester contre la précarité, effet de la
crise, et
le pouvoir des marchés financiers. |

 | Taxation des transactions financières au mèn_Eu
|
|  | En
2012 l'Europe restera mécaniquement fort
dépendante des marchés financiers...
|
 | L'accord obtenu à Bruxelles reste en demi-teinte
|
 | AdN
de divisions de l'EU |
| Le Mécano Européen de Stabilité
|
 | Le
rôle de la BCE
|
 | Classement
des banques européennes en terme de "solidité"
19/07/2011
|

| La
croissance en France re-revue à la baisse, la rigueur en
hausse...
|
 | Le
gouvernement Belge se
rappelle au bon souvenir du portefeuille citoyen...
|
 | en
Irlande
|
 | en
Allemagne
|
 | en
Grèce
|
 | en
Italie
|
 | en
Espagne
|

| x | Dimanche
16 octobre 2011 Le
mouvement des "indignés" contre la crise et la finance
mondiale, qui a pris samedi une dimension planétaire avec
des dizaines de milliers de manifestants à travers le monde,
se prolongeait dimanche au moins en Allemagne, au Royaume-Uni et aux
Pays-Bas. Cette
volonté de poursuivre le
mouvement un deuxième jour consécutif s'est
traduite par un campement sauvage à Londres au coeur de la
City, principal centre financier d'Europe. Plusieurs
centaines d'"indignés" ont passé la nuit de
samedi à dimanche sur le parvis de la cathédrale
Saint-Paul, où 70 tentes ont été
dressées après le rassemblement la veille sur les
lieux de quelque 2.000 à 3.000 "indignés". La
manifestation, marquée par quelques heurts et cinq
arrestations, et qui dénonçait la politique
d'austérité du gouvernement britannique et le
système financier, a été contenue par
la police à distance du London Stock Exchange (Bourse de
Londres). Malgré son
ordre de dispersion, la
police n'a pas réussi à empêcher
certains manifestants de s'installer pour la nuit. Une nouvelle
confrontation était donc possible dimanche. "Nous
allons rester aussi longtemps qu'il faudra pour que le gouvernement
nous entende et dise qu'il va changer les choses", a prévenu
Spyro Van Leemnen, 27 ans, un des représentants du mouvement
"Occupy London Stock Exchange". Une
même intention
s'est exprimée à Francfort (ouest de
l'Allemagne), où près de 200 personnes ont
passé la nuit dans 30 tentes devant le siège de
la Banque centrale européenne (BCE), au centre de la crise
de la dette et de l'euro. En
Allemagne, une nouvelle
manifestation était également prévue
à Berlin, cette fois devant la porte de Brandebourg. La
veille, la police berlinoise avait réussi à
empêcher certains des 10.000 participants à une
première manifestation à camper devant le
siège du Reichstag, le parlement
fédéral. Une
poignée
d'interpellations ont été effectuées
par les forces de l'ordre, quelques agents ayant
été blessés dans des
échauffourées sans gravité, a dit une
porte-parole de la police. Aux
Pays-Bas, Amsterdam a
également vu pousser 50 tentes, plantées sur la
place de la Bourse. Environ 300 personnes, dont certaines ont
passé la nuit dans ces tentes, étaient
rassemblées dimanche sur la place de la Bourse. Samedi,
quelque 1.500 "indignés" s'étaient
réunis au même endroit, selon la police.

Genève,
Miami, Paris, Sarajevo, Zurich, Mexico, Lima, Santiago, Hong-Kong,
Tokyo, Sydney... "L'indignation" contre le capitalisme s'est
exprimée samedi sur pratiquement tous les continents. Pour
Max Bank, de la section allemande du mouvement altermondialiste Attac
(fondé en France en décembre 1998), la vague de
protestation n'en est qu'à ses débuts.

"Le
mouvement des indignés renaît comme une force
globale",
proclamait dimanche à la Une le quotidien espagnol El Pais.
Le
15 mai, les premiers "indignés" avaient dressé
leurs
tentes en plein coeur de Madrid. "C'est
la
première fois qu'une initiative citoyenne réussit
à organiser de manière coordonnée tant
de
manifestations dans des lieux aussi disparates et
éloignés", note le journal. Sous
les
slogans "Peuples du monde, levez-vous" ou "Descends dans la rue,
crée un nouveau monde", les "indignés" avaient
appelé à manifester dans 951 villes de 82 pays,
selon le
site 15october.net, contre la précarité
liée
à la crise et le pouvoir de la finance. L'appellation
"indignés", qui fait le tour du monde, semble tirer son nom
d'un
petit opuscule de l'ancien diplomate et résistant
français Stéphane Hessel, intitulé
"Indignez-vous!", publié en octobre 2010 à Paris
et
diffusé à environ un million d'exemplaires. "Il
existe désormais de toute évidence un mouvement
international", relève en Italie l'éditorialiste
de La
Repubblica Eugenio Scalfari. "Il exprime la colère d'une
génération sans avenir ni foi dans les
institutions
traditionnelles, politiques mais aussi financières, tenues
responsables de la crise et profiteuses des dommages causés
au
bien commun", écrit-il. "Le
monde descend
dans la rue, uni, pacifique et coloré", renchérit
La
Stampa, bien que la manifestation de Rome ait été
la plus
violente, perturbée dès le début par
des
éléments non contrôlés qui
ont
incendié des voitures, brisé des devantures de
banques et
de magasins et mis le feu à un dépôt de
l'armée dans le centre-ville. Ces
violences, les pires que Rome ait connues depuis des années,
ont
fait 135 blessés, dont 105 policiers, et causé
aux biens
publics des dégâts évalués
à un
million d'euros, a-t-on indiqué dimanche de source
officielle.
Douze manifestants ont été
arrêtés et
d'autres arrestations sont attendues. "Nous
devons agir avec la fermeté appropriée
à
l'encontre de ces brutes", a déclaré dimanche le
maire de
Rome, Gianni Alemanno. Outre
Rome, où des
dizaines de milliers de personnes ont manifesté
pacifiquement,
Madrid et Lisbonne ont vu les plus gros défilés. Des
milliers de personnes ont également manifesté
samedi
à Washington et à New York, où 88
personnes ont
été arrêtées. "Nous sommes
le peuple", "On
nous a vendus", s'insurgeaient-ils. "Chaque jour, chaque semaine,
occupons Wall Street". A Chicago,
quelque 175
manifestants anti-Wall Street ont été
interpellés
tôt dimanche matin lors de l'évacuation d'un parc
où ils s'étaient rassemblés, a-t-on
appris de
source policière.
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 | Les paradis fiscaux ne sont
pas toujours ceux que l'on croit... |
 | Tax
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