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11/12/11 Affaire Madoff : trois ans déjà et peu d'indemnisations
Depuis décembre 2008 et la révélation de la plus grande escroquerie financière jamais perpétrée, les procédures engagées n'ont pas donné grand-chose. Seule la justice française a reconnu le préjudice des porteurs de parts.

Le 11/12/08, était révélée ce qui reste à ce jour la plus grande escroquerie financière jamais réalisée : l'affaire Madoff.
Ce financier américain avait organisé une fraude pyramidale estimée à 65 milliards de dollars (en tenant compte des intérêts versés). Trois ans après, beaucoup d'investisseurs floués estiment que le dossier n'avance pas, craignant qu'avec le temps il ne tombe aux oubliettes. L'affaire Madoff a mis en lumière des failles à tous les niveaux de la chaîne d'un fonds, qu'il soit Ucits (coordonné, c'est-à-dire régi par une directive européenne qui se veut très protectrice des investisseurs) ou pas. Tout le monde a failli : le dépositaire, l'auditeur, les « due diligences » des gérants, quand elles étaient faites, les administrateurs des Sicav ou encore les responsables de la promotion. Sans oublier les régulateurs de marché, notamment au Luxembourg et aux États-Unis, qui ont fait preuve d'inefficacité dans leur rôle de surveillance et de protection des investisseurs.La suite du feuilleton se joue devant les tribunaux. De nombreuses procédures ont été lancées des deux côtés de l'Atlantique, pour le plus grand bonheur des avocats, qui, au regard des honoraires facturés, sont les grands gagnants de l'affaire. Mais que ce soit aux États-Unis, en France ou au Luxembourg, aucune n'a abouti. Aucun établissement financier assigné à New York par Irving Picard, le liquidateur de Bernard Madoff, comme HSBC, JP Morgan ou UBS et certaines de leurs filiales, n'a fait l'objet de sanctions pécuniaires ou pénales. Du coup, Irving Picard n'a, à ce jour, reversé que 321 millions de dollars (lire page 15). Pas grand-chose. Pourtant, les procédures ne manquent pas. Celles-ci sont longues et se battre contre des institutions financières est compliqué, même quand on en démontre la responsabilité. C'est le cas, par exemple, d'UBS Luxembourg. Dans son assignation contre la banque suisse, Irving Picard note que Viviane de Angelis, en charge des clients privés chez UBSL, et qui a quitté la banque en 2010, savait ce qu'il se passait derrière la Sicav Luxalpha. Et UBS a laissé faire. Et l'a couverte.


« Mur juridique »
Des éléments non repris au Luxembourg, où de nombreux établissements ou investisseurs français ont pourtant intenté des actions en justice. Mais là aussi, c'est le point mort. « Nous sommes confrontés à un mur juridique », indique un avocat parisien. « Nous nous sommes fait berner », avouait en décembre 2010 à « La Tribune » Jean Guill, directeur général de la CSSF (Commission de surveillance des services financiers luxembourgeoise). Un aveu qui n'est toutefois pas suivi de sanction. Il est vrai que le pouvoir de sanction de la CSSF est très limité. Deminor, qui représente des victimes, remettra ce lundi une lettre sur ce dossier à Luc Frieden, le ministre des Finances luxembourgeois. Finalement, seule la justice française a reconnu la compétence territoriale des tribunaux français et le préjudice des investisseurs dans l'affaire opposant l'avocat Jean-Pierre Martel contre UBS. Par ailleurs, la commission des sanctions de l'Autorité des marchés financiers (AMF) a sanctionné Alternative Leaders France et EIM France à verser respectivement 150.000 euros et 300.000 euros. La commission leur reproche leur défaillance dans l'élaboration et le suivi de procédures qui auraient pu leur permettre d'identifier les risques liés à certains investissements Madoff. La question de la « due diligence » se pose pour tous les établissements impliqués directement ou pas dans l'affaire. D'autres sanctions devraient donc tomber.


Lundi 31 octobre 2011 Dans un livre paru lundi aux Etats-Unis et dans une série d'interviews aux médias, Ruth et Andrew Madoff racontent pour la première fois la trahison, la honte, le choc, lorsque l'homme d'affaires leur a annoncé le 10 décembre 2008 que ses affaires florissantes n'étaient de fait qu'un énorme "mensonge", une fraude "à la Ponzi", et qu'il avait perdu "50 milliards de dollars".
"J'ai cru que ma tête allait exploser. Il m'aurait dit qu'il était un extra-terrestre, je n'aurais pas été plus surpris", a raconté Andrew Madoff, son fils cadet sur CBS dimanche soir. "Je ne savais absolument rien de tout cela", a-t-il affirmé.
"Je vous ai tous menti, toutes ces années. J'ai menti à tout le monde", aurait alors avoué Bernard Madoff en larmes.

Absolument furieux, le fils aîné, Mark, "tremblant de rage", quitte alors la pièce. Andrew suit.

Ruth Madoff, qui affirme n'avoir jamais eu le moindre soupçon sur son mari, reprend le cours de sa journée et assiste avec Bernard Madoff à la fête de Noël de sa société.
Ses fils dénoncent leur père au FBI et il est arrêté le matin suivant à 7H00.
"C'est impardonnable, aucun père ne devrait faire ça à ses fils" a confié Andrew Madoff, qui, comme son frère Mark, travaillait avec son père. J'ai été "utilisé comme une sorte de bouclier humain" pour cacher ses malversations

Mark, 46 ans, anéanti par le scandale - même si les frères n'ont jamais été inculpés - s'est pendu en décembre dernier, deux ans jour pour jour après les aveux de son père. Pendant plus de deux ans, Ruth Madoff, 70 ans, désormais installée en Floride, soutient un mari qu'elle a connu à l'âge de 13 ans et épousé à 18. Elle lui rend visite en prison, elle lui téléphone, malgré les doutes sur sa fidélité, malgré la haine générée par sa gigantesque escroquerie qui a lésé des milliers de victimes, et en dépit des supplications de ses fils pour qu'elle coupe tout lien avec lui. "Je ne pouvais pas abandonner l'homme avec lequel j'avais passé quasiment toute ma vie", a-t-elle raconté au New York Times, dans une interview publiée lundi, même si ce qu'il a fait est "au delà de l'imaginable".
Au coeur du scandale, le couple essayera même de se suicider en prenant des médicaments, mais en trop faible dose, ce dont elle se réjouit aujourd'hui.
Depuis le suicide de son fils, cette femme menue à la voix rauque, toujours attaquée sur internet par ceux qui ne croient pas en son innocence, a coupé tous les ponts avec Bernard Madoff.
Comme il continuait à l'appeler, elle a changé son numéro de téléphone. Elle doute de jamais pouvoir mettre fin à l'hostilité qui entoure sa famille, en dépit de ce livre intitulé "Truth and consequences: Life inside the Madoff Family" (La vérité et ses conséquences, la vie dans la famille Madoff). Elle espère simplement, a-t-elle confié au New York Times, "pouvoir marcher dans la rue et redresser un peu la tête".
Pendant près de 20 ans, Bernard Madoff, une des célébrités de Wall Street, n'avait jamais placé un seul centime des sommes confiées par ses clients, piochant dans les fonds des nouveaux clients pour rétribuer ou rembourser les clients plus anciens. Richissime, il vivait avec sa famille sur un grand pied, avec avion privé, yacht et résidences de luxe.
Il s'était retrouvé au pied du mur en décembre 2008 lorsque avec la crise un nombre croissant d'investisseurs avaient demandé à récupérer leur dû. A 73 ans, il purge une peine de 150 ans de prison à la prison de Butner, en Caroline du nord, où il travaille pour 170 dollars par mois.


La chaîne de télévision américaine HBO va tourner un téléfilm basé sur deux livres américains consacrés à l'escroc.
Le nom de l'acteur qui va prêter ses traits au fraudeur condamné à 150 ans de prison fait saliver.
C'est Robert De Niro qui va incarner pour la chaîne de télévision américaine HBO l'escroc Bernard Madoff, condamné à 150 ans de prison pour une gigantesque fraude, a annoncé aujourd'hui une porte-parole de la chaîne. L'acteur de 68 ans, lauréat de deux Oscars (second rôle pour "Le Parrain 2" et meilleur acteur pour "Raging Bull") sera également producteur exécutif du projet, qui en est encore au stade du développement.

Le téléfilm sera basé sur deux livres américains consacrés à l'escroc, dont "Truth and consequences: Life inside the Madoff Family" (La vérité et ses conséquences, la vie dans la famille Madoff), qui recueille les témoignages de son fils et de son épouse. Le scénario a été confié à John Burnham Schwartz.
Pendant près de 20 ans, Bernard Madoff, une des célébrités de Wall Street, n'avait jamais placé un seul centime des sommes confiées par ses clients, piochant dans les fonds des nouveaux clients pour rétribuer ou rembourser les clients plus anciens. Il s'était retrouvé au pied du mur en décembre 2008 lorsqu'un nombre croissant d'investisseurs, affolés par la crise, avaient demandé à récupérer leur dû. Robert De Niro est actuellement à l'affiche du thriller "Killer Elite". On le verra pour les fêtes dans la nouvelle comédie de Garry Marshall "Happy new year".



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